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Comment protéger juridiquement votre identité sonore

L’identité sonore est devenue un actif stratégique.
Elle structure l’expérience client, renforce la mémorisation et soutient le marketing. Pourtant, sa protection juridique reste souvent floue pour les entreprises.

Beaucoup pensent qu’un jingle ou un logo sonore relève uniquement de la création musicale. En réalité, il s’agit aussi d’un enjeu de droit, de propriété intellectuelle et de sécurisation patrimoniale.

L’objectif n’est pas de transformer un directeur marketing en juriste. Il s’agit plutôt de comprendre les fondamentaux pour éviter les erreurs structurantes.

Car une identité sonore, comme un tableau, est une œuvre. Et une œuvre mérite d’être protégée.

Pourquoi une identité sonore est une œuvre à part entière

Une identité sonore n’est pas un simple habillage.
C’est une création.

En droit français, l’article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que l’auteur d’une œuvre de l’esprit bénéficie d’un droit de propriété du seul fait de sa création. Aucune formalité n’est exigée pour que la protection existe.

Les œuvres musicales sont expressément visées par l’article L112-2 du même code. Une musique originale, un jingle, un logo sonore ou un système de design sonore peuvent donc être protégés au titre du droit d’auteur.

Cependant, une condition demeure centrale : l’originalité.

La notion d’originalité : ce que dit réellement le droit

Le Code ne définit pas l’originalité. La jurisprudence l’a précisée.

Selon une formule constante de la Cour de cassation, une œuvre est originale lorsqu’elle porte l’empreinte de la personnalité de son auteur.

Autrement dit, la création doit traduire des choix libres et créatifs. Elle ne doit pas être uniquement dictée par une contrainte technique ou fonctionnelle.

Ce critère s’applique à toutes les œuvres de l’esprit. Une création sonore est analysée de la même manière qu’un tableau ou qu’une sculpture.

Simplicité ne signifie pas absence de protection

La durée ou la complexité d’une œuvre ne sont pas déterminantes.

Une séquence musicale courte peut être protégée si elle résulte d’un véritable parti pris artistique. À l’inverse, une construction purement technique pourrait ne pas remplir le critère d’originalité.

En matière d’identité sonore, la question essentielle est donc la suivante :
la création reflète-t-elle des choix créatifs propres à son auteur ?

Si oui, elle peut bénéficier de la protection du droit d’auteur.

Comme un tableau : une logique patrimoniale identique

Le parallèle avec une œuvre d’art n’est pas une métaphore marketing. Il correspond à une réalité juridique.

Un tableau est protégé parce qu’il exprime une vision personnelle. Il en va de même pour une identité sonore. Elle devient un actif immatériel protégé dès lors qu’elle constitue une œuvre originale.

Ainsi, protéger son identité sonore revient à protéger une création artistique qui participe à la valeur de l’entreprise.

Les fondements juridiques à connaître sans devenir juriste

Comprendre les bases du droit permet d’éviter des situations complexes.

Droit d’auteur et droits patrimoniaux

Le droit d’auteur confère à l’auteur des droits patrimoniaux. Ces droits permettent d’autoriser ou d’interdire la reproduction, la diffusion et l’exploitation de l’œuvre.

Sans cession écrite, une entreprise ne peut pas exploiter librement la création sonore.

Le paiement d’une prestation ne vaut pas automatiquement cession des droits d’auteur. La cession doit être expresse et détailler les usages, la durée, le territoire et les supports concernés.

C’est un point structurant pour toute entreprise.

Les droits moraux

En France, les droits moraux sont attachés à l’auteur. Ils sont perpétuels et inaliénables.

Ils comprennent notamment le droit au respect de l’œuvre. Une modification substantielle d’une identité sonore peut donc nécessiter un encadrement contractuel précis.

Comme pour un tableau, on ne modifie pas une œuvre sans cadre juridique clair.

Qui détient réellement les droits

Par principe, l’auteur est titulaire des droits.

Si une agence crée votre identité sonore, elle en est titulaire tant qu’une cession n’est pas formalisée. Le contrat devient alors un document stratégique.

Il doit préciser :

• la nature des droits cédés
• les produits et services concernés
• les territoires
• la durée
• les supports d’exploitation

Cette rigueur évite les blocages ultérieurs.

Dépôt, preuve et antériorité : sécuriser l’existence de votre création

Le droit d’auteur naît sans dépôt. Toutefois, la preuve de la création reste essentielle.

Pourquoi la date est stratégique

En cas de contrefaçon, il faut démontrer l’antériorité.

Pouvoir établir qu’une identité sonore existait à une date précise peut être déterminant devant un tribunal.

Des solutions permettent de dater une création. L’INPI, Institut national de la propriété industrielle en France, propose des dispositifs permettant d’établir une preuve d’antériorité.

Il ne s’agit pas de créer un droit supplémentaire, mais de sécuriser la preuve.

Dépôt de marque sonore

Au-delà du droit d’auteur, une identité sonore peut être protégée au titre du droit des marques.

Une marque sonore doit présenter un caractère distinctif et permettre d’identifier des produits et services déterminés. Elle doit être représentée de manière claire et précise.

Le dépôt peut être réalisé auprès de l’INPI pour la France ou auprès de l’EUIPO pour l’Union européenne.

Certaines marques sonores célèbres illustrent cette démarche. Le logo sonore de Netflix ou celui d’Intel sont protégés comme marques. En France, la SNCF a également développé une identité sonore forte.

Cependant, toutes les créations ne sont pas nécessairement enregistrables. Le droit des marques exclut notamment les signes contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs.

En cas de litige, le tribunal de l’Union européenne peut être amené à statuer sur le caractère distinctif d’une marque sonore.

IA générative : un cadre encore en évolution

L’intelligence artificielle transforme la création musicale.

Des outils permettent aujourd’hui de générer une musique en quelques secondes. Toutefois, le droit d’auteur repose sur l’existence d’un auteur personne physique.

Si une œuvre est générée sans intervention humaine créative identifiable, sa protection au titre du droit d’auteur peut être incertaine.

Le cadre juridique évolue, mais à ce jour, la protection suppose une contribution humaine traduisant des choix libres et créatifs.

Pour les entreprises, le risque est stratégique. Une identité sonore générée automatiquement pourrait ne pas bénéficier d’une protection solide.

L’IA peut être un outil. Elle ne remplace pas une réflexion créative et juridique structurée.

Les erreurs fréquentes des entreprises

Certaines erreurs sont récurrentes.

Confondre création musicale et sécurisation juridique.
Négliger la cession des droits d’auteur.
Oublier l’international alors que l’activité dépasse la France.
Sous-estimer la cohérence entre marketing et propriété intellectuelle.

Une identité sonore accompagne l’entreprise sur le long terme. Elle soutient la marque sur tous les points de contact : vidéo sonore, radio sonore, applications digitales.

Un défaut d’anticipation peut exposer à un risque de contrefaçon ou à des blocages contractuels.

Checklist légale avant de déployer votre identité sonore

Avant tout lancement, certaines vérifications s’imposent.

Vérifier la titularité des droits

S’assurer que les droits d’auteur ont été cédés de manière claire. Examiner la durée, les territoires et les supports.

Examiner la stratégie de marque

Déterminer si un dépôt de marque sonore est pertinent pour protéger le logo sonore ou le jingle d’identité sonore.

Sécuriser la preuve

Conserver les éléments permettant de démontrer la date de création. Évaluer l’opportunité d’un dépôt auprès de l’INPI.

Aligner création et stratégie marketing

Enfin, vérifier que la protection juridique correspond aux ambitions de développement, en France et dans l’Union européenne.

Penser la protection dès la conception

La protection juridique ne doit pas intervenir en fin de projet.

Elle se pense dès la création d’identité sonore. Elle accompagne la réflexion artistique et stratégique.

Une identité sonore bien protégée devient un actif immatériel structurant. Elle participe à la valeur globale de l’entreprise, au même titre qu’un logo visuel ou qu’un design distinctif.

Comme un tableau exposé dans une galerie à Paris, elle incarne une vision. Et comme toute œuvre, elle mérite d’être protégée avec rigueur.

Protéger son identité sonore, ce n’est pas ajouter une couche juridique.
C’est reconnaître sa valeur et sécuriser un investissement stratégique sur le long terme.

Conclusion : protéger, sécuriser et respecter la création

Protéger une identité sonore ne consiste pas simplement à déposer un fichier ou à signer un contrat. C’est une démarche globale. Elle engage la stratégie de marque, la propriété intellectuelle, le droit d’auteur et la vision à long terme de l’entreprise.

Chez BRANDY SOUND, notre rôle ne se limite pas à créer un territoire musical distinctif. Nous accompagnons nos clients pour qu’ils puissent le déployer avec sérénité. Concrètement, cela signifie éclairer les enjeux juridiques dès la phase de création, poser les bonnes questions sur la titularité des droits, anticiper les usages futurs et sécuriser l’exploitation en France comme dans l’Union européenne.

Nous considérons l’identité sonore comme un actif stratégique. Elle doit être forte, cohérente et mémorable. Mais elle doit aussi être juridiquement solide. Un territoire musical de marque ne peut pas devenir un levier de croissance s’il repose sur des bases fragiles.

Parallèlement, nous avons une responsabilité envers nos compositeurs et nos créateurs. Le respect du droit d’auteur n’est pas une formalité administrative. C’est un principe fondamental. Une création musicale est une œuvre. Elle mérite reconnaissance, encadrement contractuel clair et respect des droits.

Notre approche repose donc sur un équilibre. D’un côté, protéger les entreprises pour qu’elles puissent exploiter pleinement leur identité sonore. De l’autre, garantir que les droits des auteurs soient respectés conformément au droit de propriété intellectuelle.

C’est à cette condition qu’une identité sonore devient un patrimoine durable. Un territoire musical que l’on peut activer, développer et faire évoluer, en toute confiance.

Je veux créer l’identité sonore de ma marque.

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Nous sommes une agence créative spécialisée en identité sonore et audio branding. Nous concevons des univers sonores uniques pour les marques, renforçant leur impact émotionnel et leur reconnaissance.
Matériel audio professionnel utilisé pour créer une identité sonore de marque

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